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Ambroise Kitohou parle des métiers d’avenir liés au Big Data

Ambroise Kitohou, expert en Big Data, directeur du département de la statistique à Suzang Group, présente, dans cet entretien, les métiers d’avenir liés au Big Data et les bouleversements que cette technologie va provoquer dans le monde de l’emploi.

La semaine dernière, nous avons fait un tour d’horizon pour la bonne compréhension du Big Data. Aujourd’hui, qu’est-ce qui pourrait motiver un étudiant ou un professionnel à se spécialiser dans cette discipline ?

Vous avez remarqué que des métiers sont en voie de disparition dans nos économies. Cette disparition est provoquée par le développement de l’utilisation des données. Il va sans dire que l’avenir appartient aux métiers liés à la gestion des données, à l’utilisation de l’informatique. Je ne parle pas ici de ce qui se fait déjà dans les écoles comme l’informatique de gestion, la maintenance informatique, etc., mais de l’informatique utilisée pour la prise de décisions ou la robotisation des tâches.

 

Soyez plus explicite…

 

Je veux dire que l’informatique est, désormais, utilisée pour concevoir des applications d’investissements sur les marchés financiers, dans les institutions financières et même dans les entreprises afin d’aller plus vite. Elle est aussi utilisée pour fabriquer des robots ! Il ne vous a pas échappé que dans certains restaurants, le client ne commande plus chez un serveur, mais avec son téléphone ou sa tablette, et aussitôt, un livreur ou un robot le sert. Du coup, l’informatique telle qu’on l’utilisait avant devient archaïque. D’ici à 20 ans, on aura des métiers informatiques plus poussés qui changeront totalement notre manière de vivre.

 

À vous entendre, le Big Data est une menace pour de nombreux métiers…

Exactement ! Avec le Big Data, on va arriver, par exemple, à supprimer des métiers comme le secrétariat, la comptabilité, et bien d’autres services. Dans certains pays développés, quand vous allez dans une banque, vous ne mettez pas 3 min avant de voir votre préoccupation satisfaite parce que, en amont, l’informatique et le Big Data ont enregistré des données qui accélèrent la satisfaction de vos besoins. Les banques ont développé l’approche relationnelle et transactionnelle entre les entreprises et la clientèle. Or, chez nous, on continue d’avoir de longues files d’attente devant les banques.

 

En même temps que le Big Data détruit des emplois, est-ce qu’il en crée ?

 

Le domaine du Big Data crée plutôt des opportunités de meilleurs emplois. Autrement dit, des emplois mieux payés. À l’avenir, seuls ceux qui créent et analysent les données seront les mieux rétribués. Cela a même déjà commencé chez les occidentaux. Nos gouvernements doivent, par conséquent, penser à la mutation de certains domaines d’activités vers de nouvelles ouvertures pour les pérenniser.

 

Quels sont ces métiers liés à la gestion des données ou au Big Data ?

 

On a le Data administrator, celui qui gère la base de données d’une entreprise. Avant, on parlait de plusieurs containers de base de données, mais aujourd’hui on a un seul data container qui contient tous les pluggable databases. Ensuite, pour hiérarchiser, nous avons le data scientiste, le data analytics, le data analyst et le statisticien. Le bon Data scientiste dans le domaine professionnel est meilleur qu’un docteur en informatique. N’oublions pas les BI ou les business intelligence et les RP spécialisés dans la robotisation, qui font des merveilles dans le domaine du Big Data.

Ces métiers sont en vogue dans les sociétés occidentales. Par exemple, un RP peut être payé jusqu’à 2000 euros par jour, est-ce que vous voyez ! Pendant ce temps, un actuaire, c’est-à-dire quelqu’un qui a fait une formation en densité, mathématique et informatique, est payé à 10 mille euros par mois.

 

Dans quels secteurs d’activités, ces profils sont-ils qualifiés pour exercer ?

 

Au bord de la voie, vous voyez un vendeur de cigarettes. Il a une boite d’allumettes à côté. C’est du data mining parce qu’il sait qu’un fumeur a besoin de boite d’allumettes. Dans un supermarché, au rayon des couches de bébé, vous ne verrez pas l’alcool à côté. C’est du data mining, parce que le supermarché sait que seule une femme achète les couches de bébé. Donc, à côté, on expose plutôt ce qui peut intéresser la femme.

Vous avez un malaise, vous allez voir le pharmacien, et il vous recommande un médicament, n’est-ce pas ? C’est qu’il a lu des documents où il a appris que dans tel ou tel cas, il faut tel ou tel médicament. Or, on peut robotiser son activité. Il suffirait, pour cela, de vous présenter devant le robot, cliquer sur le mal dont vous souffrez et le robot vous sert les médicaments adaptés à votre mal ! De la même manière, en médecine, les robots peuvent faire l’analyse des examens et la description des maux.

Du coup, les politiques devraient penser à réorienter certaines formations, au risque d’être dépassées par l’évolution de la science informatique. Pour tout dire, aucun secteur n’échappe au Big Data.

 

Les formations dans les métiers d’avenir dont vous parlez sont-elles disponibles dans nos pays africains ?

 

Ces métiers existent en appellation seulement, mais il n’y a pas vrai contenu. C’est cela le mal de l’Afrique. Les concepts ne sont pas respectés. De l’autre côté, il nous faut assez d’investissements dans la formation de qualité et des équipements pour avoir des cadres bien formés dans un environnement où la pratique domine les théories des années 1800.

 

Quels doivent-être ces investissements ?

 

Il faut envoyer en formation, aux frais de l’Etat, certaines têtes, avec des engagements signés qui les obligent à retourner au pays pour mettre leurs compétences en Big Data aux services des jeunes. En attendant, ceux qui sont allés se former à leurs propres frais en Europe et en Amérique, et qui y travaillent parce qu’ils y sont mieux traités, il faut les encourager à rentrer au pays. Ce serait un début pour diffuser de la connaissance dans ce domaine.

 

Vous qui êtes un expert en Big Data, pouvez-vous concevoir des modules de formation pour former les jeunes et les professionnels sur ces métiers ?

En ce qui me concerne, je peux former un excellent Data analytics, un excellent Data mining, un excellent Quant ou analyste quantitatif, qui peut travailler sur les marchés financiers, les fonds d’investissements, etc., parce que j’ai eu la chance de suivre ces formations à l’étranger. Aujourd’hui, nous envisageons d’implémenter ces formations à Suzang Group. Le projet est en cours, les programmes sont disponibles, nous sommes en train de faire des simulations, les personnes intéressées peuvent s’adresser à notre équipe.

Réalisée

Par K. Bruno

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