HomeDECRYPTAGESDate center : Pourquoi les opérateurs nationaux sont moins compétitifs que les GAMAM ?

Date center : Pourquoi les opérateurs nationaux sont moins compétitifs que les GAMAM ?

Pacôme Bouadi d’Orange Business and BroadBand, a soulevé, au Africa Open Innovation Summit (AOIS), le 13 octobre 2022, au Radison-Blu, les grands défis du Cloud et des data center en Côte d’Ivoire. En ligne de mire, rendre compétitifs les opérateurs télécoms nationaux face aux géants du numérique.

 

L’hébergement des données dans le Cloud, Open Source et data center est un casse-tête pour tous. À Orange Côte d’Ivoire, on estime que l’État doit prendre ses responsabilités dans certains secteurs, afin d’entrainer la baisse du coût de prestation des opérateurs télécoms et être plus compétitifs.

 

Baisser le coût de l’énergie

 

À commencer par l’énergie. « Quand l’énergie n’est pas disponible, c’est compliqué. Dans notre environnement, pour un Cloud 1 tiers 3, il faut deux sources d’énergie. Or, cette énergie est fournie à des coûts assez élevés », regrette Pacôme Bouadi. L’impact sur le service aux clients est évident.

Conséquence, la quasi-totalité des entreprises choisit d’héberger ses données ailleurs dans le monde, chez Google, Apple, Méta, Amazone et Microsoft (GAMAM). « Il faut que l’Etat nous accompagne en baissant le coût de l’énergie, ce qui nous amènera à baisser nos coûts afin d’attirer les entreprises », plaide-t-il.

 

Baisser le coût de la connectivité

 

Ensuite, la connectivité. Pour accéder au Cloud, il faut des débits élevés. Selon lui, Orange a mis en place un réseau sous régional, appelé le Djoliba, de plus de 10.000 km de fibre optique. Ce réseau, qui relie 8 pays de l’Afrique de l’Ouest, réduit le coût de transit d’un pays à un autre pays.

Mais, même là encore, le coût de la connectivité est élevé. D’où son appel au gouvernement : « On demande au gouvernement de prendre des mesures pour réduire les coûts de connectivité ». En attendant, Orange continue d’investir sur cette branche, par la construction de 3 data center à VITIB à Grand-Bassam, Rufisque au Sénégal, et Makébé.

 

Exploiter les data center nationaux

 

Pacôme Bouadi déplore, toutefois, que ces infrastructures soient insuffisamment exploitées par les entreprises. Pourquoi ? « Peut-être que nos coûts sont chers. Il faut voir comment on accompagne les sociétés à avoir des coûts compétitifs en comparaison des Space Sellers qui nous font une concurrence avec des prix tellement compétitifs qu’on est aujourd’hui en retard », suggère Pacôme Bouadi.

À sa décharge, les infrastructures nationales offrent plus de sécurité. Où sont stockées nos données ? Qu’est-ce qu’on en fait ? C’est autant de questions que les entreprises devraient se poser. Car un data center ou centre de données est un site physique regroupant des installations informatiques (Serveurs, routeurs, commutateurs, disques durs…) chargées de stocker et de distribuer des données (data en anglais) à travers un réseau interne ou via internet.

 

Le défi de la sécurité du Cloud

 

« Même si on fait de la cybersécurité, de l’AIOT, de l’ICC, tout est porté pour être intégré dans ce nuage qui est le Cloud. Et l’une des hantises du Cloud, c’est la sécurité. Nos données sont mises quelque part où on n’a pas le contrôle », prévient Pacôme Bouadi.

Du coup, les entreprises doivent faire confiance à un tiers. C’est alors qu’intervient le législateur quand on a affaire à un opérateur national. « En Côte d’Ivoire, avec la loi 450 de 2013, nous avons l’ARTCI pour nous accompagner, pour veiller à ce qu’on ne publie pas n’importe comment une donnée », explique-t-il. Autrement dit, les entreprises ont intérêt à s’attacher les services d’un opérateur national, plutôt qu’un GAMAM, en termes de sécurité des données.

 

Hébergement régional des données, la BCEAO fait le premier pas

 

Pour l’heure, selon une étude de Forester, 85% du marché d’hébergement est tenu par les Spaces Sellers. Le reste aux opérateurs nationaux. Dès lors, afin de susciter l’engouement des entreprises autour des data center et accroitre cette proportion en Côte d’Ivoire, l’État pourrait être à l’avant-garde. À l’image de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).

En effet, par une note circulaire, la BCEAO impose aux établissements financiers de sa sphère de compétence d’installer les serveurs primaires et secondaires, et de stocker leurs données dans la zone UEMOA. « Ce qui est un premier pas pour aider les opérateurs, comme nous, qui faisons des gros investissements à avoir des clients, pour ne pas que l’ensemble des ressources aille à l’extérieur », commente Pacôme Bouadi.

K. Bruno

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