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vendredi 7 octobre 22

Forces et faiblesses de l’écosystème du blogging en Côte d’Ivoire

Le blogging en Côte d’Ivoire a fait du chemin. Moins prisé aujourd’hui, ce moyen de communication a encore des forces, mais aussi de grandes faiblesses. Quelles sont-elles ? La question a retenu l’attention des membres de l’Union nationale des blogueurs de Côte d’Ivoire (UNBCI), le 31 août 2022, au siège de Simplon, à la Riviera Palmeraie, au cours de la célébration de la Journée mondiale du blog.

 

Dans sa communication sur le sujet, Sea Pacôme, membre de l’union, a souligné que « le blog reste une vitrine prisée ». Il continue de susciter des passions et des vocations dans les pays d’Afrique de l’Ouest, en particulier en Côte d’Ivoire. En revanche, il est bousculé dans ses fondements et fondations par les nouveaux acteurs des réseaux sociaux.

Les forces des blogueurs ivoiriens

 

À la différence que les blogueurs jouent, selon Sea Pacôme, un rôle préventif sur l’ensemble de la société ivoirienne. Pour lui, les blogueurs ont ceci de spécifique qu’ils aident les entreprises et les marques à gagner en visibilité.

« De plus en plus d’organisations ont recours à nous pour la promotion de leurs produits ou la valorisation de leurs marques. C’est la preuve que la voix des blogueurs porte mieux. Elle a plus de crédibilité que celle des autres. D’ailleurs, dans les actions gouvernementales, nous sommes très sollicités. C’est tout dire », se félicite le membre de l’UNBCI.

Cette voix est d’autant plus audible que leurs concurrents, les acteurs des réseaux sociaux, communément appelés influenceurs, sont coutumiers des dérapages. Des dérapages qu’ils étrennent en créant la confusion autour de la valeur réelle et du sens originel du blogging. Une confusion qui, si rien n’est fait, souligne Sea Pacôme, peut saper l’écosystème du blogging en Côte d’Ivoire.

 

Les faiblesses des blogueurs

 

« Nous n’en sommes pas encore là. Mais, pour contrer cette force qui monte, il faut davantage former et informer le public sur l’impact du blog au sein de nos communautés », Et surtout, corriger le talon d’Achille, les faiblesses des blogueurs.

« En effet, les blogueurs, en Côte d’Ivoire, manquent parfois de régularité dans la production de contenus. La prostitution littéraire chez certains prend le dessus, conséquence de la perte de qualité de certains articles de blog. Ensuite, peu de blogueurs suivent une ligne éditoriale ou directrice claire, on aurait dit du coq à l’âne, car à la recherche de magma », reconnait Sea Pacôme.

« Dans les faits, si tout le monde peut écrire et poster, seule une poignée est lue et a une vraie audience. Chez les blogueurs de Côte d’Ivoire, la parole se libère, les tabous s’effacent et les conversations s’enflamment tellement, que beaucoup semblent oublier que la liberté d’expression à ses limites », regrette-t-il.

Propositions pour retrouver l’âge d’or du blogging en Côte d’Ivoire

 

Des limites que seule une formation de qualité des blogueurs peut circonscrire. Mieux, produire du contenu de qualité, autrement dit écrire, en bon français, des textes bien organisés, autour de thématiques qui valorisent le pays. Sea Pacôme, au nom de son union, propose, dans cette perspective, d’initier les assises du blogging en Côte d’Ivoire.

« Ces assises prendront la forme d’un cadre d’échanges autour d’une table pour une force de propositions de valeur. De là sortiront une charte et ligne de conduite des bloggeurs afin d’éviter les amalgames et les dérapages sur la toile. Enfin, pérenniser les Awards du blogging pour encourager les acteurs à persévérer dans la production de contenus de qualité », détaille-t-il.

L’objectif visé est de retrouver l’âge d’or du blogging de la fin des années 2000. Qui ne souvient du célèbre journaliste/blogueur Théophile Kouamouo, l’homme qui créa la première plateforme du blogging en Côte d’Ivoire du nom d’Ivoire Blog ! « On a aussi connu des blogueurs qui se sont démarqués par la qualité de leurs contenus tels qu’Edith Brou, Daouda Coulibaly », rappelle Sea Pacôme.

 

La guerre froide blogueurs/influenceurs n’aura pas lieu

 

Tout compte fait, le blog, bien entendu, a joué un rôle fondamental dans la liberté d’expression sur la toile. Plusieurs en ont fait l’endroit idéal pour partager leur passion, leurs opinions et pensées sur divers thématiques : technologie, voyage, culture, faits de société, politique, etc.

Il reste un outil incontournable malgré les coups de boutoirs hurlants et bruyants de nouveaux acteurs regroupés au sein d’une ligue dénommée la Ligue des blogueurs et influenceurs et acteurs des réseaux sociaux. Il reste toutefois à espérer que la guerre blogueurs/influenceurs n’ait pas lieu.

Trait sur fait. Un blogueur partage ses passions sur un site web qu’il crée. Il n’est pas dans la polémique. Il produit du contenu utile. Il écrit juste et bien. Il se mêle de ce qui couvre son champ de compétence. Qu’en est-il de l’autre camp ? Pour tout dire, une page Facebook n’est pas un site web… Et même si ce contenu marche auprès du public, son utilité, pas vraiment ! Le sage Salomon écrit, à ce propos : « Tout est permis, mais tout n’est pas utile ». Il y a les contenus qui marchent, et il y a les contenus utiles. La ligne de démarcation entre blogueurs et influenceurs se trouve là.

K. Bruno

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