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Industrie 4.0 / Pr. Ahmad Osman : « L’Afrique est prête, mais il faut travailler » 

Pr. Ahmad Osman est professeur d’intelligence artificielle, chef du Projet Industrie 4.0 pour favoriser l’emploi des jeunes en Tunisie et en Côte d’Ivoire. Pour lui, l’Afrique est prête à entrer dans la 4ème révolution industrielle. Il faut en revanche qu’elle se mette au travail, et mette au travail les jeunes. Interview !

Avant d’arriver à l’industrie 4.0, il y a sans doute eu les industries 3.0, 2.0 et 1.0. En fait, d’où venons-nous ?

L’humanité a toujours travaillé sur la production des biens dont elle a besoin : des vêtements, de la nourriture etc. Avant 1780, la production était manuelle. Ensuite, nous sommes passés à l’automatisation. Tout a commencé avec l’introduction de la machine à vapeur. Mais, la présence de l’homme était toujours nécessaire. La 2ème révolution industrielle est arrivée plus tard avec l’introduction de l’électricité. On parlait alors de production de masse, de chaine de production que Henry Ford a proposée autour de 1850. Donc, la 2ème révolution a remplacé les machines à vapeur par des machines électriques.

Nous arrivons alors à la 3ème révolution…

Ce qui nous a aidés à avancer dans la 3ème, c’est l’introduction des ordinateurs pour faire des actions bien précises. Il y a eu aussi les robots. Ces deux mécanismes nous ont aidés à être beaucoup plus rapides dans la production, à réduire la main-d’œuvre, et à rendre les bénéfices des industriels plus larges. Ici, le chômage s’est accru. Mais, les hommes ayant toujours eu une grande capacité à s’adapter, avec les révolutions, des jobs disparaissent, et d’autres se créent. Cette révolution industrielle a accompagné l’humanité jusqu’à la fin des années 2010-2011, quand on a commencé à parler d’usines intelligentes ou industrie 4.0.

Alors, l’industrie 4.0, qu’est-ce que c’est ?

L’industrie 4.0, c’est la possibilité qu’on équipe notre industrie 3.0 avec des capacités qui la rendent intelligente. On veut savoir le statut de chaque machine, de chaque produit, son cycle de vie. On connait exactement le statut de la machine. Est-ce qu’elle marche bien ? Doit-elle être réparée ? Faut-il faire un service entretien à un moment donné ? L’être humain est aidé dans son travail, il sait ce qui se passe dans l’usine en temps réel et cela rend la production beaucoup plus efficace. On anticipe tout.

L’être humain est aidé par des capteurs, par l’internet des objets, des échanges d’informations entre le processus et les machines, et entre le processus et les produits. La direction a les moyens d’optimiser les ressources dont elle dispose : ressources naturelles, ressources industrielles et ressources humaines. Le changement climatique est là, les ressources sont limitées, il faut qu’on fasse les choses de façon différentes. Les notions de Green Economy, de réduction de CO2, intègrent les moyens de production.

À chaque révolution industrielle, il y a certes des destructions et des créations d’emplois, mais, avec l’industrie 4.0, est-ce que la marge ne sera pas trop grande ?

 Il y a des gestes répétitifs et simples dans le job qui vont être remplacés par les robots plus intelligents. Mais, c’est ce que méritent les êtres humains. Nous sommes des êtres très intelligents. On va avoir beaucoup de chances qui vont s’ouvrir. Je pense que l’équilibre entre la disparition des jobs et l’apparition de nouveaux jobs est plutôt en notre faveur. Je pense qu’il va y avoir un changement dans la qualité des jobs. Ils seront beaucoup plus intelligents, mieux payés, et l’être humain sera beaucoup plus à l’aise dans ses conditions de travail. Au total, l’homme gagnera plus.

L’Afrique est-elle suffisamment préparée pour cette révolution ?

C’est une très bonne question. Avec les ressources qu’elle a, surtout la jeune génération, les ressources naturelles, les gouvernements qui sont prêts à faire le maximum pour faire avancer leurs pays, je suis sûr que l’Afrique a un rôle majeur à jouer dans la globalisation 4.0. Je pense que l’Afrique a tous les atouts pour avancer.

Nous sommes là pour accompagner l’Afrique dans ce voyage. Ça s’appelle révolution parce que c’est vraiment une révolution, un changement à tous les niveaux. Un changement dans notre mode de vie, notre mode de travail, notre mode d’échanges d’informations, par exemple, téléphoner avec n’importe quelle personne dans le monde. Donc, oui, l’Afrique est prête, mais il faut travailler.

Entretien réalisé

Par K. Bruno

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